Voyager en Inde : Les bons plans pour un voyage de rêve

Voyager en Inde : Les bons plans pour un voyage de rêve

Je n’ai jamais eu l’occasion de visiter l’Inde. J’ai demandé à mon ami aventurier Xavier de partager avec nous sa passion pour l’Inde. A travers, un beau récit et quelques photos, Paul nous raconte son voyage en Inde de plusieurs mois. Il en profite pour nous dévoiler les plus beaux endroits à visiter et quelques bons plans et repères pour partir en toute tranquillité…Suivez le guide !

1. Paul, peux-tu te présenter ?

Alors je m’appelle Xavier, j’ai 21  ans et je viens de la belle Dordogne dans le Sud-Ouest dans la France. Étudiant en sciences politiques depuis 2016, le programme de notre école nous oblige à passer la troisième année de notre scolarité à l’étranger. C’est donc en août 2018 que je débarquais à New Delhi en Inde pour réaliser un stage de sept mois.

2. Quelles ont été tes motivations à découvrir l’Inde ?

Au-delà de l’opportunité de travailler dans une ambassade, qui était une première raison de mon choix, j’avais particulièrement ciblé l’Inde car ce pays constitue une civilisation à part à lui-seul, loin de nos repères occidentaux. Il y avait là un goût du challenge qui a été déterminant ! J’étais jeune, confiant en moi-même mais en même temps, j’avais toujours eu le soutien de mes proches à chaque étape de ma vie. Derrière cette vie à l’allure simple et réussie, j’ai eu envie de me prouver à moi-même que j’étais capable de m’en sortir dans un environnement « hostile », du moins où je sois mis en difficulté. En termes simples, j’avais envie d’avoir des emmerdes ! Et j’ai été servi, mais dans le bon sens des choses.

3. Quelles ont été tes difficultés pour t’acclimater à ce pays ?

Les problèmes ne manquent pas quand on arrive de notre cocon douillet, mais je tâcherai de le résumer en quelques mots. Tout d’abord, la conception du temps. Alors qu’on nous oblige à tout faire de plus en plus vite chez nous, les indiens, en grande partie de confession hindoue, ont une conception totalement différente du temps. Nous, on aime quand tout est chronométré, bien cadré, alors qu’eux, ils ont plusieurs vies pour réaliser leurs tâches ! Ainsi, le dicton veut qu’en Inde, « une personne impatiente apprend à devenir patient, quand une personne patiente devient impatient ». J’étais de la deuxième catégorie, et il m’a fallu m’adapter à prendre le temps de négocier, de me déplacer, mais surtout de perdre contrôle.

Après ça, je dirais que la saleté et la pauvreté sont deux repoussoirs importants pour qui a toujours vécu dans des endroits propres et cachés de la misère du monde. Avec notre peau blanche et nos caractéristiques d’occidentaux, on devient vite catégorisé soit comme l’invité qu’il faut bien accueillir, souvent aussi comme le riche – ce qui est vrai – qu’il faut presser à dépenser son argent dans l’économie locale. Du coup, on est constamment mis à contribution, de chez soi aux lieux touristiques, où l’on peut devenir une attraction qui mérite d’être photographiée autant que les monuments historiques…

4. Quel a été ton itinéraire ?

J’ai donc vécu à New Delhi la majorité du temps mais partais régulièrement en week-end dans les environs ou en séjour plus long en prenant l’avion pour découvrir le sud ou l’est du pays.

J’ai visité l’ensemble du Rajasthan, la terre des rois, qui se situe juste au sud-ouest de la capitale et qui regorge de merveilles historiques et architecturales du temps de l’empire Moghol. J’ai pas mal vadrouillé dans l’Himalaya également, tant à la frontière occidentale, près de la source du Gange, qu’orientale avec un trek dans les environs de Darjeeling, ville célèbre pour son thé perché à près de 3000m d’altitude.

Des petites expéditions m’ont amené à la frontière indo-pakistanaise à Amritsar, fameuse pour accueillir le haut lieu sacré des sikhs mais aussi pour comprendre la géopolitique des frères ennemis à la frontière que sont l’Inde et le Pakistan.

Enfin j’ai aussi pris le temps de voyager dans le Sud, en vivant une semaine à Pondichéry, ancienne colonie française (et le plaisir de retrouver un tartare de bœuf et de la baguette). J’ai adoré mon séjour dans le Kerala à la pointe sud où l’on retrouve histoire, plage, jungle, cours d’eau et milles épices… Puis j’ai remonté le long de la côte ouest jusqu’à Bombay en m’arrêtant sur les plages sublimes de Goa, qui accueillait à deux époques différentes les conquérants portugais, qui y ont laissé de belles églises, et les hippies des 70′s, qui y ont laissé un goût pour les rave partys et la dolce vita.

5. Quelques conseils pour se déplacer ?

Je pense que c’est une bonne expérience que d’essayer tous les moyens de transport en Inde, tant qu’on l’adapte à la distance. Le train et le bus sont très peu chers, ce qui est intéressant quand on prévoit un voyage de vadrouilleur. Le gros défaut du premier, c’est ses retards qui nous rappellent que la SNCF est un fleuron dans le domaine, et si on veut se la jouer « middle class », le regard pesant des indiens non habitués à voir des blancs dans leur transport peut intimidé. Mais c’est aussi l’occasion de belles rencontres marquantes. Le désavantage du second, c’est son manque de confort et l’état difficile de certaines routes, qui rendent la quête de sommeil difficile pour de long trajet.

Après, si le temps manque se fait ressentir ( 20h pour relier une distance de 1000km entre Delhi et Jaisalmer en train, soit 50km/h…), l’avion peut s’avérer utile et pas trop cher pour les vols internes. Je le conseillerai pour les longues distances, où l’on trouve généralement des billets aller-retour pour 100€. Il faut rappeler que l’Inde fait près de 3000km de long pour 2000km de large de mémoire.

Sinon pour les fainéants, on peut louer une voiture, souvent avec son chauffeur, ce qui est recommandé étant donné la particularité du code de la route en Inde, qui consiste à plus utiliser le klaxon que le frein…

6. Comment t’es tu débrouillé pour le logement ?

Lorsque je me suis installé à Delhi, j’ai tenté la voie « traditionnelle », qui consiste à visiter les « brokers » situés un peu partout dans la ville, sortes d’agences immobilières cheaps. Mais j’ai rapidement abandonné face à l’incompréhension des critères de chacun pour trouver un broker spécialisé dans la clientèle occidentale, prête à mettre plus d’argent dans le loyer contre plus de confort. Pour les voyages longues durées, il est tout de même important d’avoir sa bulle de tranquillité pour se reposer après une longue journée dans la jungle urbaine.
Quand je voyais, j’appliquais le principe de recherche sur place. Je me laissais guider à souhait par le Lonely Planet, qui est quand même un bon compagnon de route, et visitais les hôtels sur place afin de m’assurer de la marchandise. Il ne faut pas hésiter à demander à visiter les chambres qui peuvent offrir de belle surprise, que ce soit la plomberie ou la faune sauvage. Mais il est rarement utile de réserver à l’avance car il est facile de trouver sur place.

7. Quels sont les lieux que tu conseillerais à visiter ?

Pour un atterrissage en douceur sur le continent indien, je conseillerai de commencer par le sud, avec par exemple le Kerala qui est vraiment un endroit magnifique et où même la misère semble moins pénible (car au soleil). Après ça, je dirais que le Nord regorge tout de même des plus intéressants sites en terme d’histoires, de diversité.

Pour les spirituels, je conseille Varanasi, ville sacrée des hindoux où l’on découvre une atmosphère sereine face au Gange où brûlent les morts. Dans le même genre, Rishikesh est un bon deal entre spiritualité (capitale mondiale du yoga) et nature avec les premières montagnes de l’Himalaya.

Pour les fanas d’histoire, le Rajasthan semble être la terre promise avec des châteaux de toutes les couleurs et des histoires de Prince à faire pâlir les nobles françois.

Les adeptes des randonnées se satisferont davantage de l’Himalaya oriental, au nord de Calcutta, où l’on peut apercevoir les plus hauts sommets de la planète sans trop d’efforts. L’Everest semble si petit une fois sur place…

Enfin pour la détente, les plages de Goa ou du Kerala sont les incontournables, où le soleil et les cocktails ne manquent pas.

8. Quelle est la période idéale pour visiter l’Inde ?

Je dirai toute l’année, sauf durant la mousson. Celle-ci dépend selon les régions, mais en général entre le mois de septembre et le mois de mars, on voit très peu de gouttes sur tout le continent. Et tant qu’à faire, profiter de l’hiver pour aller au sud car malgré tout, si les températures ne descendent jamais en dessous de 0°C, les conditions de logement des villes du nord peuvent nous faire passer les nuits les plus glaciales de nos vies. Octobre-Novembre représentent souvent le must en termes de conditions climatiques.

9. A combien t’es revenu ton voyage ?

Là encore je ne prétends pas être représentatif de tous les voyageurs étant donné ma condition de petit stagiaire, mais avec mon salaire de 400€ par mois, j’arrivais à vivre de façon décente tout en me permettant pas mal de voyages. On peut très facilement s’en sortir à 2-3$ pour manger chaque jour, tandis que les logements nous coûtent peu chers si on s’accommode de peu. Au final, le plus cher c’est le billet pour venir en Inde, après tout coûte peu cher, à condition ne pas céder aux arnaques des vendeurs intempestifs.

10. Quel a été ton coup de cœur en Inde ?

Difficile à dire un seul coup de cœur, puisque l’Inde nous offre une raison par jour de l’aimer comme de la détester. Mais je dirais que le moment où je me suis senti le plus vivant, c’est à Rishikesh comme à Goa après avoir loué un scooter et être parti à l’aventure sans le moindre casque de moto. Le bonheur équivaut au risque que l’on prend additionné à la beauté des paysages que l’on a sous les yeux. C’est un sentiment assez rare dans nos contrées sécuritaires.

11. La chose la plus difficile à supporter ?

Cela va dépendre de la sensibilité des âmes. La pauvreté et la saleté omniprésentes sont les principaux prétendants. Pour certains il est difficile d’accepter de voir des enfants ou des estropiés mendier à chaque coin de rue. Pour d’autres, les ordures et odeurs peuvent vite devenir insupportables, tant les indiens n’ont qu’une faible conscience écologique. On va certainement pas leur en vouloir d’ailleurs, ils ont d’autres priorités. Mais pour celui qui a appris très jeune à mettre tel déchet dans tel bac, il devra se faire violence à chaque geste irrationnel qu’il verra au quotidien.

Je ferai tout de même une place particulière à la condition féminine en voyage. Je suis un homme, qui plus est assez imposant par rapport aux indiens qui sont en moyenne petits et gringalets. Cela m’a évité bien des problèmes. Par contre, mes camarades filles ont souvent connu plus de déboires du fait d’une certaine frustration sexuelle générale, palpable dès que l’on rentre dans un cybercafé où les pages visitées sont souvent des sites pornographiques. Ce pays qui évolue très rapidement en intégrant les normes occidentales est confronté à une tension profonde : les religions millénaires incitent à une forme de séparation des genres jusqu’à tard, alors que les images disponibles dans les publicités ou sur internet mettent en avant des femmes dénudées et souvent à la peau blanche. Alors quand une femme blanche apparaît dans les rues, l’amalgame est facilement fait entre celle que l’on voit dans notre écran, volontaire et désirable, et celle que l’on a sous les yeux. Cela occasionne parfois des situations risquées si l’on voyage seule. Mais il ne faut pas non plus tomber dans la psychose !

12. Comment as-tu ressenti l’accueil des habitants et des autorités ?

Généralement bon, même s’il est toujours difficile de savoir si c’est un accueil intéressé ou non. On tombe parfois sur des perles rares, des hommes et femmes souriants et capables de prendre leur journée pour t’expliquer comment le monde fonctionne dans cet autre univers. Les êtres les plus généreux se cachent parmi eux. Après les farces et attrapes ne manquent pas non plus, mais peut-on le leur reprocher…

Quant aux autorités, tout n’est pas toujours simple, mais avec l’état de corruption du pays, on s’en sort toujours avec un billet ou un grand sourire. Et puis ils sont loin d’être très exigeants, la preuve j’ai réussi à prendre un vol intérieur avec une simple photocopie de mon passeport.

13. Quel a été ton ressenti quand tu as quitté le pays ?

« Qu’est ce que c’est calme ici ! ». Et pourtant, j’étais seulement dans le RER me transportant vers Paris, qui n’est pas l’îlot le plus calme de la France. Le contraste était encore plus terrible une fois revenu dans mon petit village gaulois.

Plus généralement, je suis content d’être passé par la case indienne et je regrette régulièrement les nombreuses péripéties que j’y ai vécu. Je n’y passerai pas ma vie, mais y retournerai régulièrement à coup sûr. Et puis il suffit d’ouvrir la porte d’un restaurant indien pour très vite retrouver le souvenir olfactif et visuel de ce long voyage.

14. Quel est ton prochain voyage prévu ?

Je vais d’abord m’amuser à découvrir d’autres continents, dont celui sur lequel je vis maintenant à savoir le continent américain. Le goût du voyage aléatoire m’est resté d’Inde et je partirai probablement sans programme très déterminé.

Après je compte bien retourner en Inde visiter ce que je n’ai eu le temps de voir, à savoir des régions comme le Gujarat ou l’intérieur du pays, vers Bangalore, ou encore le Cashmire si les conditions le permettent. Et puis bien sûr, retourner sur les traces d’une aventure unique…

Merci encore Paul pour ce récit plein de générosité, de ressentis et truffé de bons plans pour bien s’orienter dans la réalisation de son itinéraire pour l’Inde. Avez-vous déjà tenté l’aventure Indienne ? Quelques récits à partager ou des régions, villes à conseiller ? Tous les conseils sont les bienvenus

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